L’interview Exclusive de Sylvie Adigard dans Home Fashion News

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SYLVIE ADIGARD, MARRAINE ENGAGÉE DE LA NUIT DE LA DÉCO

par Blandine Scherpe,  rédactrice en chef, HOME FASHION NEWS, Mai 2016

Au-delà de votre chronique à Télématin, vous faites rayonner les acteurs du monde de la décora- tion, du design et de l’architecture à travers vos différentes activités. Vous êtes plurielle, comment vous définir ?

Sylvie Adigard – Il est si difficile de se définir soi-même ! J’aime à dire que je me vois comme un « passeur » : j’offre à des gens que je rencontre et qui m’émeuvent la possibilité de montrer au plus grand nombre ce qu’ils font avec passion. En passant par le canal de l’information via mon métier de journaliste, je mets en avant des talents créatifs et les fais connaître au grand public. Si le caractère médiatique de mon métier me place sur le devant de la scène, je suis en réalité le simple maillon d’une grande chaîne. J’interviens comme un révélateur.

On vous sent aussi passionnée que toutes ces personnes !

S.A. – Oui, je suis une passionnée ! Passionnée par un métier de journaliste que je me suis choisi à l’âge de dix ans ! Je n’en ai pas démordu depuis. Passionnée aussi depuis toujours par tout ce qui touche à l’art de vivre. J’ai toujours aimé les belles maisons et je me suis dès le plus jeune âge intéressée à l’art, à la mode, aux arts décoratifs, à l’architecture et au design. William Leymergie, qui m’a fait confiance, m’a donné cette chance d’associer ces deux passions.

Comment a débuté votre carrière télévisuelle ?

S.A. – J’ai découvert le plateau de Télématin en tant que rem- plaçante sur des thématiques traitant de l’emploi. J’avais déjà très envie d’intervenir sur des sujets liés à la maison. William Leymergie m’a donné ma chance dans l’émis- sion « C’est au programme » présentée par Sophie Davant. J’étais en charge d’une rubrique maison-brico-déco que j’ai abordée avec beaucoup de fun. L’idée était de s’éloigner des tutoriels intimidants. On m’a ainsi vue faire du bricolage en Starsky & Hutch ou donner des astuces déguisée en Wonder Woman ! Je suis très attachée à faire les choses avec le plus grand soin, de façon très professionnelle, mais sans jamais me prendre au sérieux. Mon objectif est toujours le même : rendre l’information accessible. Mon rêve d’alors était de créer un rubrique « art de vivre » dans Télématin. William m’a fait confiance à une époque où l’on commençait tout juste à parler d’un certain Philippe Starck et où le mot design n’évoquait rien au grand public français. C’était il y a quinze ans.

Quelle est votre démarche dans le traitement de l’information ?

S.A. – J’ai à cœur de mettre à la portée de tous des choses que l’on croit à tort réservées à quelques « happy few ». Je crois avoir cette qualité de savoir rendre populaires des su- jets pointus. Pour cela, je me place toujours dans la position d’un parfait novice en me disant « Si j’arrive à comprendre, tout le monde comprendra ».

Pourquoi avoir monté votre propre société de production ?

S.A. – C’est une activité complémentaire qui me permet de m’épanouir différemment. Je peux ainsi m’exprimer sur des sujets plus longs que je choisis très librement et traiter l’in- formation plus en profondeur. En tant que productrice, j’ai la possibilité d’embarquer des gens dans une aventure que j’ai choisi de vivre. Je m’y accomplis également en tant que chef d’entreprise en gérant des équipes, et c’est une opportunité pour moi de toucher à la technique.

La Nuit de la Déco est un événement déco qui met en avant la convivialité, le partage, les rencontres et la fête. L’équipe organisatrice propose un accompagnement personnalisé avant, pendant et après l’événement ainsi que des outils d’aide à la vente (guide et supports de communication). Le site Internet www.lanuitdeladeco.com est mis au service des magasins indépendants partenaires. Il leur permet d’avoir une visibilité sur le Web tout au long de l’année et de bénéficier du tremplin que constitue sa newsletter.

Au milieu de tout cela, qu’est-ce qui vous intéresse avant tout ?

S.A. – C’est incontestablement  l’humain. Derrière chaque objet, chaque projet, il y a une incroyable aventure humaine. C’est cette histoire-là que j’ai envie de partager. L’ être humain est capable de faire des choses si incroyables ! Je suis admirative, quel que soit son domaine d’activité, devant toute personne qui met toute son énergie à défendre une chose en laquelle elle croit. Derrière la Nuit de la Déco, il y a une femme fantastique (Astrid Mora, ndlr), entourée d’une équipe de choc (Florence Vallée, cofondatrice de la Nuit de la Déco et Agnès de Montenon, attachée de presse de l’événement, ndlr) qui se mettent au service des autres juste parce qu’elles sont convaincues – et le succès de l’événement leur a donné raison – que c’est ce qu’il faut faire pour redynamiser les boutiques de décoration à travers la France. Il est devenu rare dans notre monde d’aujourd’hui – qui plus est quand il est question de business – de voir des personnes s’engager ainsi de façon altruiste, sans aucune recherche de profit.

Comment êtes-vous entrée dans cette aventure ?

S.A. – Après le départ de Cendrine Dominguez, qui a énormément œuvré pour faire connaître la Nuit de la Déco au- près du grand public, l’événement se cherchait une nouvelle marraine. Lorsque cette mission m’a été proposée, j’ai tout de suite accepté. La cause m’intéressait. Et quand vous rencontrez Astrid, c’est simple, vous avez envie de la suivre !

En quoi consiste votre rôle de marraine ?

S.A. – Bien sûr, il y a le côté médiatique : associer l’image d’une personnalité – même si j’ai du mal à me considérer comme telle – permet d’accroître la notoriété de l’événement. C’est important pour fédérer. Mais au-delà, j’ai à cœur de m’impliquer en offrant du temps et mon expertise à l’équipe organisatrice. Quand on est face à des gens aussi impliqués, on a toujours l’impression d’en faire trop peu. Mais l’esprit de la Nuit de la Déco repose justement sur cette idée simple qui veut que si chacun fait un petit quelque chose, alors ensemble de grandes choses peuvent se réaliser. J’adhère complètement à ces valeurs. Plus concrètement, je participe à des réunions tout au long de l’année et les filles me tiennent au courant des actualités et des nouveaux projets en cours. Je me rends disponible le jour J pour vivre la Nuit de la Déco avec les participants que j’ai plaisir à retrouver sur Maison&Objet lors de la remise des Trophées de la Nuit de la Déco.

Pouvez-vous nous présenter le Prix Créateur Sylvie Adigard ?

S.A. – Lorsque j’ai accepté le rôle de marraine, il m’a été pro posé de créer un prix spécial que je piloterais dans le cadre des Trophées de la Nuit de la Déco. Il est pour moi impossible de distinguer un objet de son créateur, d’où l’idée de mettre à l’honneur un créateur et son travail plutôt qu’un objet seul. Dans le cadre de ce prix, j’invite les boutiques participantes à candidater avec un créateur de leur choix. J’étudie personnellement tous les dossiers avant de délibérer avec le reste de l’équipe. Le premier Prix Créateur Sylvie Adigard a été remporté par Jean-Sébastien et Félicien Vidé (Thierry Vidé Design), choisis par Murielle Cugno de la boutique HoMudane Concept Store (à Bourg-en-Bresse, ndlr). J’aime l’idée que ce prix crée du lien dans la relation entre le commerçant et son fournisseur.

Muriel Cugno avec Thierry Vidé Design gagnants du Prix Sylvie Adigard du Créateur

Muriel Cugno avec Thierry Vidé Design gagnants du Prix Sylvie Adigard du Créateur

Comment vivez-vous personnellement cette Nuit de la Déco ?

S.A. – Je la vis comme un échange : un échange avec ses organisatrices ; un échange avec les boutiques participantes ; un échange avec les clients que je croise dans les magasins le soir de l’événement. Il me semble important de mettre en avant le rôle que joue la Nuit de la Déco dans l’écosystème de la décoration. Elle met à l’honneur des personnes qui œuvrent pour faire rayonner la décoration partout en France et la rendre accessible à tous. Il était nécessaire de valoriser ces commerçants qui offrent au quotidien du service et des conseils personnalisés à chacun. Ils tissent ce lien social dont notre société a tant besoin. Chez eux on retrouve également beaucoup de don de soi. C’est très précieux. Pour moi, la Nuit de la Déco est une opportunité de découvrir de nouveaux talents et des acteurs du milieu de la décoration que je n’avais jamais eu l’occasion de rencontrer. Ainsi j’aborde un spectre plus large de cet univers de la décoration et… j’apprends beaucoup !

Quelle est la boutique de décoration qui vous séduit le plus ?

S.A. – Celle dans laquelle on ressent la passion de son propriétaire. On a l’impression que chaque objet qui y est présenté a été choisi spécialement par lui et pour vous.

Vous avez une passion pour la création. Quels sont vos trois objets fétiches du moment ?

S.A. – Je partirais de leur créateur tant il est évident pour moi que le génie humain est à l’origine de toute création. Pour commencer, je parlerais des frères Erwan et Ronan Bouroullec, exceptionnels designers d’origine Quimpéroise auxquels le Frac Bretagne (Fonds régional d’art contemporain, ndlr), les Champs Libres et le Parlement de Bretagne consacrent actuellement une exposition à découvrir à Rennes jusqu’au 28 août. Leur chaise « Belleville » (2015) éditée par Vitra est l’exemple même de la perfection d’un travail qui repose sur une véritable réflexion autour de l’objet. La suspension « Zettel’z » (1997) d’Ingo Maurer, magicien de la lumière, me plaît énormément. J’ai trouvé incroyable l’histoire de la collection Sottsass chez Kartell (2015). La marque italienne a sorti de ses tiroirs d’anciens dessins du maître Ettore Sottsass qui n’avaient pu être réalisés à l’époque car la technique d’injection nécessaire à la fabrication n’était pas au point. On est ici face à un exemple rare où le dessin a devancé la technique de plusieurs décennies. Ces designers ont en commun une exigence extrême dans leur travail. À chaque fois, l’esprit de l’époque est bien présent et pourtant chacun de ces ob jets est indémodable. Chargés de poésie, ils n’en perdent pas pour autant leur fonction première : la chaise Belleville ou celle d’Ettore Sottsass sont confortables, le luminaire papier d’Ingo Maurer éclaire…

Belleville

Je crois en cette idée que le design est un tout et non seulement un objet. On a besoin de lui partout sans qu’il doive systématiquement être beau – dans le domaine médical par exemple. J’adhère entièrement à la philosophie de l’Observeur du design dont j’animais la remise de prix en décembre dernier à la Cité des Sciences et de l’Industrie (organisé par l’APCI, ndlr). Outre le design, c’est la démarche design qui y est valorisée. Je suis convaincue que plus tôt on fait appel au design dans la chaîne de fabrication, plus on se donne les chances de donner vie à un produit qui s’inscrira durable- ment dans le quotidien des gens.

Home Fashion News Mai 2016

 

LA PROCHAINE NUIT DE LA DÉCO

aura lieu les 17,18 et 19 novembre 2016

Plus de 100 boutiques indépendantes participantes partout en France. Suivez toute l’année l’actualité des boutiques participantes sur :

lanuitdeladeco.com

LA NUIT DE LA DÉCO EN 2016

  • Un événement qui s’étend désormais sur trois jours une fois par an au mois de novembre, avec la possibilité de participer sur une durée de un, deux ou trois jours.
  • Un nouveau logo qui révèle la montée en puissance de l’événement.
  • De nouveaux forfaits « à la carte » pour répondre aux différentes attentes des participants : le « forfait Nuit » (la boutique se charge de sa propre page boutique sur le site et bénéficie d’une communication généralisée autour de l’événement), le « forfait Étoile » (la boutique confie à l’organisateur la gestion de sa page boutique et profite d’une communication ciblée en plus de recevoir deux invitations au salon Maison&Objet Paris), le « forfait Parcours Déco » Maison&Objet (sur présentation d’une carte professionnelle), le « forfait Parcours Déco » offre la possibilité à plusieurs magasins d’une même ville de créer un événement commun. La modeste participation financière demandée aux participants permet de couvrir les frais d’organisation.

 

LES QUATRE TROPHÉES DE LA NUIT DE LA DÉCO

Le trophée la Nuit de la Déco : les clients de la France entière votent sur le site Internet pour élire leur boutique déco préférée. Le trophée Créateur Sylvie Adigard : chaque boutique est invitée à sélectionner un créateur de son choix. Sylvie Adigard élit le créateur qui lui paraît le plus novateur.

Le trophée de la communication Amadeus Cadès :

Remis par Jean Descamps, Fondateur et PDG du groupe CADES et Carinne Valentin, sa directrice générale il récompense le maga- sin qui se démarque par une stratégie de communication autour de l’événement particulièrement efficace et fédératrice (communication clients off-line et on-line, campagne d’affichage, initiatives particulières, merchandising…).

Amandine Landraud de la boutique "La maison d'Amandine", gagnante du Prix Amadeus Cades , et Sylvie Adigard

Amandine Landraud de la boutique « La maison d’Amandine », gagnante du Prix Amadeus Cades avec Sylvie Adigard

Le trophée Maison&Objet Paris : il récompense la meilleure animation commerciale.

Ces trophées seront remis lors d’une cérémonie sur le salon Maison&Objet Paris en présence des partenaires de la Nuit de la Déco (Maison&Objet Paris, le groupe Amadeus Cadès, la marque Annie Sloan, l’UFDI – Union francophone des décorateurs d’intérieur, le magasine Home Fashion News) et de sa marraine Sylvie Adigard.